Préambule
La région Poitou-Charentes-Vendée constitue une vaste fenêtre sur la façade atlantique. Son extension vers l’intérieur des terres, au-delà du Seuil du Poitou la soumet à un fort gradient climatique, accentué par une géologie contrastée.

LE CADRE REGIONAL.
Diversité climatique, grande diversité des supports géologiques et pédologiques, font de la REGION POITOU-CHARENTES et VENDEE
un laboratoire grandeur nature où les différents facteurs : édaphiques, climatiques, structuraux agissent avec une très large gamme de variations, faisant de cette région un excellent échantillonnage de biotopes extrêmement diversifiés, en particulier pour les Orchidées indigènes.
Dans cette mosaïque de biotopes les sites à ORCHIDEES représentent un précieux patrimoine, à préserver impérativement, car ils constituent les témoins rélictuels d’une grande richesse sur le plan de la biodiversité.
Quatre grandes unités géologiques.
LA REGION POITOU-CHARENTES ET LA VENDEE A LA CROISEE DE QUATRE GRANDES UNITES GEOLOGIQUES


Quatre grandes entités constituent le support géologique du Poitou-Charentes et de la Vendée
Deux massifs anciens, vestiges de la grande chaîne hercynienne.
Le Massif Armoricain, granitique et métamorphique, aux confins septentrionaux de la région constitue le substratum de la Vendée et d’une grande partie des Deux-Sèvres.
Le Massif Central, avec ses terrains granitiques, limite la région au sud-est, aux confins du Limousin.
Deux grands bassins sédimentaires d’âge mésozoïque et cénozoïque appartiennent au cycle orogénique alpin.
Le Bassin de Paris couvre majoritairement la Vienne et les Deux-Sèvres.
Le Bassin d’Aquitaine couvre pour partie les deux Charentes. Le Seuil du Poitou, à la croisée de ces quatre entités constitue le témoin :
de la continuité du socle entre les deux Massifs anciens, Armoricain et Central.
de la communication entre les deux Bassins sédimentaires, Parisien et Aquitain par les mers jurassiennes.
Ce même seuil constitue actuellement une des voies de communication privilégiées entre la Région Aquitaine et le Bassin de Paris et plus largement entre l’Europe du sud et celle du nord.
La structure du socle
Cette carte géologique simplifiée ne prend pas en compte l’âge des granites pour la plupart hercyniens, ni la lithologie des roches métamorphiques


LE VIEUX SOCLE BRIOVERIEN.
D’âge supérieur à 570 MA, il s’étend principalement sur la Vendée.
Dans la région des Sables d’Olonne, les micaschistes sont associés à des gneiss pour former la célèbre série métamorphique des Sables d’Olonne.
LE SOCLE HERCYNIEN
Le Paléozoïque inférieur est marqué principalement par des dépôts d’âge Ordovicien, qu’on peut assimiler à une alternance de grès (grès armoricains) et de schistes, dont des schistes ardoisiers.
Un volcanisme acide de type rhyolitique laisse sa marque au niveau des synclinaux primaires.
Le Paléozoïque supérieur du Dévono-Carbonifère est surtout représenté par les dépôts terrigènes du Carbonifère qui ont conduit à la formation du Sillon Houiller Vendéen.
C’est de cette même période que datent les puissants masifs granitiques qui forment l’essentiel de l’ossature de la Vendée, du Seuil du Poitou, ainsi que de la région limousine du Massif Central..
Cet épisode magmatique marque la fin de l’Orogenèse Hercynienne qui se traduit dans notre région par une chaîne de collision, comme en atteste la Zone Broyée sud-Armoricaine
La couverture sédimentaire jurassique
Cette carte géologique simplifiée ne prend en compte que les grandes subdivisions du Jurassique, suffisantes pour faire les corrélations avec la pédologie.


L’abrasion de la Chaîne Hercynienne à la fin de l’ère primaire a permis le retour de la mer sur notre région au début du Jurassique. La mer triasique n’atteignant pas notre région, le Trias est donc absent.
Transgression marine et sédimentation lagunaire discordante au Lias inférieur.
Aux dépôts de sables et de graviers en bordure des Massifs Armoricain et Central, succèdent des dépôts lagunaires d’argiles et de gypse ainsi que de faibles dépôts carbonatés.
Sédimentation marine franche du Lias au Dogger moyen.
L’approfondissement du milieu marin conduit à un ennoiement complet du Seuil du Poitou.
En bordure du Massif Vendéen la sédimentation reste terrigène, conglomératique à gréseuse.
A l’est de notre région des plateformes à faune benthique reçoient une sédimentation carbonatée.
A l’ouest la mer est profonde.
Une sédimentation marine puissante au Callovo-Oxfordien.
Les dépôts de marnes et de calcaires argileux dominent très largement.
Le Marais Poitevin est l’illustration-même des conséquences d’une telle lithologie sur les paysages.
A la fin du Jurassique le retrait partiel de la mer est attesté par des dépôts saumâtres au Purbeckien en Charente.
La couverture sédimentaire du Crétacé à l’Actuel

La transgression du Crétacé.
Ce n’est qu’au Cénomanien inférieur que la mer revient sur les deux bassins sédimintaires, aquitain et parisien, à l’exclusion du Seuil du Poitou.
Une puissante sédimentation carbonatée, essentiellement calcaire est mise en place.
C’est surtout dans les Charentes que cette sédimentation prend toute son ampleur et représente le support de nombreux sites à Orchidées.
Les formations continentales du Tertiaire. (Cénozoïque)
Exceptées quelques avancées marines par des golfes ouverts sur l’Atlantique (faluns de Mirebeau dans la Vienne), la sédimentation devient continentale lacustre.
Ce sont les dépôts lacustres de calcaires et de marnes principalement de l’Oligocène, secondairement du Miocène et du Pliocène qui forment une auréole discontinue en périphérie du Massif Central.
Tectonique et formation des reliefs
Cette carte géologique simplifiée représente les principales figures tectoniques affectant la région. Pour les légendes stratigraphiques se reporter aux cartes concernées

Les structures liées au socle et à sa tectonique.
Le socle cristallin détermine non seulement la structure des Massifs anciens, Armoricain et Central, mais par le rejeu des anciennes failles hercyniennes au cours de l’orogenèse pyrénéo-alpine, affecte très largement la structure de la couverture sédimentaire, plus particulièrement au niveau du Seuil du Poitou.
Ce sont les massifs granitiques et les axes qu’ils déterminent qui impriment majoritairement leur structure aux régions cristallines.
L’axe granitique de direction sud-armoricaine allant de Nantes à Parthenay forme les principaux sommets de la région.
Les terrains métamorphiques plissés du socle primaire de même direction sud-armoricaine
sont pareillement déterminants dans la structure régionale.
Deux grandes structures anticlinales font la jonction entre le Massif armoricain et le Limousin par-delà le Seuil du Poitou : l’anticlinal des Essarts-Mervent et l’anticlinal de Champagné Saint Hilaire.
Les structures synclinales, mieux préservées de l’érosion se répartissent en trois grand ensembles :
Les synclinaux du Choletais
Le synclinal de Chantonnay- Saint Maixent
Les synclinaux de la Vendée occidentale
Les structures affectant la couverture sédimentaire. Le rejeu des failles hercyniennes au Tertiaire affecte la couverture sédimentaire mésozoïque, en particulier au niveau du Seuil du Poitou. entraînant une structure en voûte par surélévation de blocs de même direction sud-armoricaine que les failles : ce sont des Horsts :
– Horst de Montalembert dans le prolongement de l’anticlinal des Essarts-Mervent
– Horst de Champagné Saint-Hilaire dans le prolongement de l’anticlinal de Parthenay : c’est le point culminant du Seuil du Poitou, d’altitude 190 mètres.
– Horst de Ligugé.
Structure géologique du Seuil du Poitou
Le but n’est pas de faire une étude exhaustive de la structure géologique du Seuil du Poitou. L’internaute curieux de détails sur cette structure géologique majeure de notre région se reportera très avantageusement aux Guides Géologiques Régionaux POITOU-VENDEE-CHARENTE (J. GABILLY) des Editions MASSON.

Coupe SW-NE du Seul du Poitou. (d’après Guides Géologiques Régionaux. MASSON modifié)
1. Couverture tertiaire. 2. Sénonien. 3. Turonien. 4. Cénomanien. 5. Portlandien. 6. Marnes du Kimméridgien inférieur. 7. Calcaires micritiques du Kimméridgien inférieur. 7’. Kimméridgien. 8. Calcaires rgileux de l’Oxfordien. 9. Calcaires grenus à silex (Oxfordien). 10. Marnes de l’Oxfordien inférieur et moyen. 11. Callovien aquitain à dominante marneuse. 12 .Calcaire fin à céphalopodes. 13. Calcaires grenus à silex (Bajocien,Bathonien,Oxfordien). 14. Calcaire oolithique (Aalénien et Bajocien inférieur. 15. Pliensbachien et Toarcien. 16. Calcaires dolomotiques du Sinémuro-Hettangien. 17. Série argilo-sabeuse du Lias inférieur. 18 Socle cristallin.
La coupe géologique montre clairement :
-Une structure en voûte du socle ancien portant une mince pellicule sédimentaire jurassique, du fait d’une part de la faible sédimentation sur les haut-fonds du détroit, et d’autre part du fait de l’érosion plus active sur les points hauts.
-Une certaine asymétrie entre les deux versants aquitain et parisien, témoigne de conditions de sédimentation différentes dans les deux bassins sédimentaires.
La mer crétacée n’a pas recouvert cette région.
-A la faveur des nombreuses failles qui découpent cette structure et au rejeu vertical des blocs ainsi érigés en horsts l’érosion a pu par endroits dégager totalement la pellicule sédimentaire, laissant pointer à vif le granite.(Horst de Ligugé)
Ce seuil, outre le fait qu’il représente une ligne de partage des eaux, est aujourd’hui déterminant dans la réalisation d’une autre asymétrie, d’ordre climatique celle-là.
Réseau hydrographique et modelé des paysages actuels
Le réseau hydrographique est déterminant pour la répartition et l’orientation des stations à Orchidées.
Les vallées fluviales, non seulement mettent à nu l’étagement des strates, mais déterminent en fonction de leur pente et de la lithologie leur affectation agronomique.
Se reporter à la rubrique : Ecologie des Orchidées indigènes

Mise en place du réseau hydrographique.
Le réseau hyrographique actuel est l’héritage d’un réseau hydrographique ancien , fortement marqué par la direction sud-armoricaine (NW-SE).
De nombreux tracés de rivières en attestent. C’est le cas de la vallée de la Creuse, des hautes vallées de la Vienne, de la Charente, du Clain…
Des phénomènes de capture ont affecté plus récemment ce réseau par le creusement de vallées de direction méridienne : la Vienne à partir d’Excideuil, la Charente de Civray à Angoulême, le Clain, le Thouet…
D’autres rivières comme la Sèvre Niortaise sont latitudinales.
La ligne de partage des eaux.
Elle est d’origine tectonique et suit l’axe sud-armoricain formé par le horst de Champagné Saint Hilaire, prolongé de part et d’autre par les pointements granitiques vendéens et limousins.
Au nord de cet axe les eaux s’écoulent vers la Loire.
Au sud de cet axe les eaux s’écoulent majoritairement vers le Bassin de la Sèvre Niortaise et de la Charente.